Faux RIB et fraude au président : comment protéger vos virements
Changement de RIB, faux dirigeant, faux conseiller : les signaux d’alerte, la double validation et les bons gestes si le virement est déjà parti.
Réponse directe : pour déjouer une fraude au faux RIB ou au président, n’exécutez aucun virement imprévu ni changement de coordonnées bancaires sans contre-appel au numéro habituel et sans seconde validation par une autre personne. La double authentification rend bien plus difficile le piratage de la messagerie, point de départ de la plupart de ces fraudes. Si l’argent est parti, appelez votre banque immédiatement pour demander un retour des fonds, et portez plainte.
Guiltek, prestataire référencé Cybermalveillance.gouv.fr installé à Olivet, aide les PME et les mairies d’Orléans et du Loiret à sécuriser leurs messageries et à réagir quand l’une d’elles est compromise.
Une fraude qui passe d’abord par la boîte mail
En 2025, d’après le rapport d’activité de Cybermalveillance.gouv.fr, la fraude au virement pèse 13,5 % des demandes d’assistance des entreprises et associations et se hisse parmi leurs trois principales menaces, avec un nombre de diagnostics en hausse de 93 % sur un an. Pour les collectivités et administrations, elle arrive au 4e rang (8,5 % des demandes), en hausse de 262 %.
Dans la majorité des cas, précise ce rapport, tout commence par le piratage d’une messagerie, chez le client ou chez son fournisseur. L’escroc y repère une facture à régler ou un paiement récurrent, puis écrit en se faisant passer pour le créancier. On parle de compromission de messagerie d’entreprise, ou BEC (Business Email Compromise).
Quatre scénarios à reconnaître
| Scénario | Ce que vous recevez | Le piège |
|---|---|---|
| Faux RIB | Un e-mail d’un fournisseur connu : nouvelle banque, facture et nouveau RIB. | La facture est crédible, parfois réelle ; seul le RIB change. |
| Fraude au président | Un message « du dirigeant », urgent et confidentiel, pour un virement imprévu. | L’urgence et le secret empêchent de vérifier. |
| Faux conseiller bancaire | Un appel du « service fraude » de votre banque, qui affiche parfois le vrai numéro de la banque. | On vous fait valider une opération ou donner un code « pour la bloquer ». |
| Messagerie piratée | Rien d’anormal : l’escroc lit vos échanges et répond à votre place. | Le message part de la vraie adresse, dans une conversation existante. |
Deux variantes relevées par Cybermalveillance.gouv.fr : le faux salarié qui fait verser sa paie sur un nouveau compte et, en février 2025, de faux e-mails de communes annonçant aux entreprises et associations locales un changement de RIB de la mairie.
Les signaux d’alerte
- Un changement de coordonnées bancaires annoncé par e-mail, surtout juste avant une échéance.
- L’urgence et le secret : « n’en parlez à personne ».
- Une adresse d’expéditeur presque identique, ou une réponse à envoyer ailleurs.
- Un compte à l’étranger pour un fournisseur payé d’habitude en France.
- Un RIB dont les caractères ou la police diffèrent, ou dont le code BIC ne correspond pas à la banque affichée.
- Un appel qui réclame un code reçu par SMS ou une validation dans l’application bancaire.
La double validation, une règle écrite et sans exception
Cybermalveillance.gouv.fr conseille d’imposer une vérification et une validation hiérarchique internes, sans dérogation possible, pour tout virement imprévu et tout changement de coordonnées bancaires. Son rapport 2025 rappelle qu’une vérification auprès du créancier suffit à déjouer ce type de fraude. Écrivez ces règles, et appliquez-les aussi au dirigeant :
| Situation | Règle | Qui |
|---|---|---|
| Changement de RIB d’un fournisseur | Contre-appel au numéro déjà connu, jamais à celui du message. | Celui qui saisit, puis un second qui valide. |
| Virement imprévu ou urgent | Deux validations, même si la demande vient du dirigeant. | Deux personnes habilitées. |
| Changement de RIB d’un salarié ou d’un agent | Demande confirmée de vive voix avant la paie suivante. | Paie ou ressources humaines. |
| Premier virement vers un nouveau bénéficiaire | Contre-appel au numéro habituel ; arrêt si la vérification du bénéficiaire signale un écart. | Comptabilité. |
| Appel « de la banque » | Raccrocher et rappeler l’agence au numéro habituel. | Tout le monde. |
En mairie, même logique : un nouveau RIB de fournisseur ou d’agent est vérifié par téléphone avant d’être saisi. Autre conseil de Cybermalveillance.gouv.fr : limiter ce que le site et les réseaux sociaux révèlent des personnes habilitées à payer.
Vérification du bénéficiaire : une aide, pas un bouclier
Depuis le 9 octobre 2025, pour les virements SEPA vers la France et la zone euro, classiques ou instantanés, votre banque vérifie auprès de celle du destinataire que le nom saisi correspond au titulaire de l’IBAN. Ce service, appelé VoP (Verification of Payee), est gratuit et les banques doivent le proposer. D’après le guide de la Banque de France, la réponse est : concordance, concordance partielle (le nom exact s’affiche), absence de concordance ou vérification impossible. En cas d’écart, vous pouvez quand même valider, mais à vos risques.
Ce contrôle a ses limites. Les virements permanents ou programmés saisis avant le 9 octobre 2025 ne sont pas vérifiés. Une entreprise peut y renoncer pour ses virements groupés par fichier : vérifiez ce que votre banque a paramétré. Et les escrocs s’adaptent : au dernier trimestre 2025, Cybermalveillance.gouv.fr a observé des fraudeurs qui ouvraient d’abord un compte au nom d’un salarié avant de réclamer le versement de sa paie, sans doute pour passer ce contrôle. Le contre-appel reste indispensable. Depuis le 7 mai 2026, les banques partagent aussi les IBAN suspects dans un fichier national géré par la Banque de France.
Les réglages qui ferment la porte
- Double authentification (MFA) sur toutes les boîtes, d’abord dirigeant, comptabilité et secrétariat de mairie : un mot de passe volé ne suffit plus, à lui seul, à ouvrir la boîte. Voir notre méthode pour sécuriser les comptes en mairie.
- SPF, DKIM et DMARC sur votre domaine, pour que les destinataires puissent rejeter les faux messages portant votre adresse exacte. Ordre de mise en place dans notre checklist SPF, DKIM et DMARC.
- Contrôle des règles de transfert et de filtrage : un renvoi vers une adresse inconnue ou une règle qui masque des messages doit alerter.
- Mention « Externe » sur les messages venus de l’extérieur : Microsoft 365 (Exchange Online) peut l’afficher dans les versions d’Outlook prises en charge. Un e-mail « du dirigeant » ainsi marqué doit faire réagir.
- Plafond de virement instantané adapté : selon la Banque de France, chaque banque peut fixer un montant maximal, que vous devez pouvoir modifier à votre demande.
Le virement est parti : les gestes à faire tout de suite
Un virement instantané arrive en moins de 10 secondes, et un virement SEPA ne peut plus être annulé une fois reçu par votre banque : il ne reste alors qu’à demander un retour des fonds, et chaque minute compte. Dans l’ordre :
- Appelez votre banque au numéro habituel. Si le virement n’est pas encore exécuté, demandez à le suspendre ; sinon, demandez un retour des fonds (« recall ») pour motif de fraude.
- Prévenez par téléphone le fournisseur ou la personne dont l’identité a été usurpée.
- Conservez les preuves : e-mails, factures, ordres de virement, numéros de téléphone. Photographiez les redirections et règles de filtrage de la messagerie avant de les supprimer.
- Changez le mot de passe de la boîte concernée et activez la double authentification.
- Faites le diagnostic sur 17Cyber, le service en ligne de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale et de Cybermalveillance.gouv.fr, ouvert 24 h/24 et 7 j/7.
- Portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur de la République : votre banque peut en demander une copie pour traiter le retour des fonds. Pour des conseils, appelez Info Escroqueries, plateforme du ministère de l’Intérieur, au 0 805 805 817 (appel gratuit).
Ces étapes sont détaillées dans la fiche réflexe de Cybermalveillance.gouv.fr sur la fraude au faux RIB.
Questions fréquentes
La banque rembourse-t-elle un virement envoyé sur un faux RIB ?
Pas automatiquement. C’est vous qui avez autorisé le virement : la banque tente de récupérer les fonds, sans garantie, et, selon la Banque de France, la récupération peut dépendre de l’issue d’une procédure judiciaire. Si vous avez passé outre une absence de concordance du nom, le risque est pour vous. Selon les responsabilités de chacun, le fournisseur n’est pas payé ou le client paie deux fois.
Ma banque m’appelle pour bloquer une opération suspecte : que faire ?
Raccrochez et rappelez votre agence au numéro habituel. Cybermalveillance.gouv.fr le rappelle : un conseiller bancaire ne vous demandera jamais vos mots de passe ni vos codes de confirmation. Et selon la Banque de France, votre banque ne vous contactera jamais spontanément pour vous aider à mettre à jour vos bénéficiaires.
Une petite mairie est-elle vraiment visée ?
Oui. En 2025, la fraude au virement arrive au 4e rang des demandes d’assistance des collectivités et administrations auprès de Cybermalveillance.gouv.fr, et des escrocs ont usurpé des communes pour tenter de détourner les paiements d’entreprises et d’associations locales. Le secrétariat de mairie, qui gère fournisseurs et paie, est en première ligne. Voir notre page collectivités.
Guiltek peut-il intervenir après une fraude ?
Oui. En tant que prestataire référencé Cybermalveillance.gouv.fr, Guiltek établit un diagnostic et un devis avant toute intervention, conserve les traces utiles à la plainte, puis sécurise la messagerie compromise. La récupération des fonds, elle, passe par votre banque.
Vous voulez vérifier la double authentification et les règles de vos boîtes mail, ou sensibiliser vos équipes à ces fraudes ? Contactez Guiltek ou découvrez notre pôle cybersécurité.
À lire aussi
Conseils concrets pour votre informatique — dont notre guide Facturation électronique 2026. 1 email par mois, désinscription en 1 clic.




